De 1992 à 1993, j’ai remplacé la brillance donnée par l’eau, par le polissage des surfaces
Parallèlement, j’ai opéré une simplification progressive, éliminant toute trace de figuration ou d’objet. Je parvins ainsi à réaliser des pièces monochromes. La mosaïque devenait en quelques sortes son propre sujet.
De 1994 à 1995, j’ai porté mon attention sur l’élément constitutif de la mosaïque, c’est à dire la tesselle elle-même . La série des « Ardoises » permet de saisir le passage du « caillou » en tant qu’élément singulier à l’effet mosaïque obtenu par l’accumulation de ces mêmes tesselles. Ce travail peut-être considéré métaphoriquement comme une réflexion sur la genèse de la mosaïque. Ainsi j’ai réalisé une mosaïque à zéro tesselles (on ne perçoit que le support, c’est à dire l’ardoise), puis une mosaïque à un puis deux, trois, quatre etc… jusqu’à quarante tesselles. Ce travail m’amena à mettre en jeu la notion de chiffres et de combinaisons.
En 1997, j’ai voulu rendre manifeste l’espace séparant chaque tesselle l’une de l’autre.
Se dessinait alors un réseau graphique donné par les vides ou limites.
En 2002, j’ai commencé la série des « Domus », sorte de constructions pouvant faire penser à des maquettes d’architectures. Elles mettent en lien la mosaïque avec l’architecture et un espace à trois dimensions et peuvent être considérées non sans humour comme des objets archéologiques.
En 2003 je réalise les « Opus Musivum ». Jouant de la racine étymologique commune des mots musique et mosaïque, j’ai mis plastiquement en perspective ces deux domaines. Les questions de rythme, de contrepoint, de lecture harmonique ou mélodique sont mises en jeu.
Les cinq lignes de la portée musicale de l’écriture occidentale ont été dans un premier temps la ligne directrice de cette série où prédominent les formats allongés. Ce travail m’a permis de réaliser des mosaïques suspendues à des fils où à des câbles dans l’espace, les tesselles pouvant alors être considérées comme des sortes de notes de musiques accrochée à la portée.
Parallèlement je mets en place depuis 1996 des « Parcours –mosaïques », questionnant la relation de la mosaïque à l’architecture, à l’urbanisme et à l’environnement ou encore interrogeant les questions du rapport entretenus entre art et politique, art et société. A travers ces parcours, la mosaïque est davantage considérée comme notion que comme technique, chaque parcours étant différent et singulier, il obéit à un concept particulier, dans un temps et un espace qui lui est propre. De petite mosaïques sont ainsi disséminées dans différents lieux, parfois il est vrai de façon illicite.
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